Jean-Louis Aubert

« Merci » c’est certainement le mot que j’ai entendu le plus souvent cette soirée de concert.

Face à 1 500 personnes reconnaissantes, face au clocher de l’église fermée en attente de travaux de ce village qu’il la vu grandir, le môme Jean-Louis Aubert, a donné pour le patrimoine ce qu’il avait de plus précieux ce soir : son temps, son coeur et un petit bout de son âme amie. Discret, sans être secret, sur ses origines Vauclusiennes, il a dit oui à Max Bontoux organisateur de cette soirée où les entrées ont été sold out en un claquement de doigts. Attendu depuis des heures, Jean-Louis Aubert  est arrivé sur scène, jean brut, tee-shirt noir, veste jean et basket, comme tout le monde : à l’exception de ce sourire qui semble indéboulonnable et éclaire un visage de gentil. Les années qui ont filées n’ont rien abimé ; ni la passion, ni l’âme d’enfant et encore moins la voix. Précis dans ses balances, exigent sur scène, il a généreusement donné tout son coeur sans compter pour son village ce lundi soir.

Les 1500 places à 40 €, trois fois rien au regard de la générosité de l’artiste sont parties comme du petit pain, entre les fans absolus et les gens du village, amis de la famille, amis d’enfance du doux rockeur. Le public offrait un joyeux mélange, parfois un peu tendu, entre ceux qui voulaient rester assis et voir, et les habitués des concerts debouts qui avaient la bougeotte et envie de danser. C’est Mr Aubert qui a tranché en demandant à ses fans de s’assoir, quitte à perdre un peu de la ferveur et d’ambiance, pour que tout le monde puisse profiter. On est comme ça dans la famille.

Cette soirée, visitée par la voltige de l’hirondelle Barbara et par le choeur stridulent des martinets, était définitivement douce. C’est le public qui a fait la programmation du chanteur qui s’est laissé porter par les désidératas de ces messieurs dames et il n’a pas perdu au change puisqu’il a été accompagné par, à la louche, 1300 voix… les seuls qui ne chantaient pas avaient certainement oubliés les paroles, ou alors étaient complètement passé à côté de la carrière de Jean-Louis Aubert. Il a rejoué ses classiques, les tubes d’avant, ceux plus récents aussi, des succès entre rock et profonde mélancolie, poésie et spiritualité. Seul sur scène quasi tout le concert, à l’exception de l’ouverture et la fermeture en duo avec Hervé Mulot, il a tenu son auditoire par le coeur. Le climax de la soirée, celui où les larmes ont mouillé les yeux, c’était cette reprise de The Korgis  » Everybody’s got to learn sometime, » accompagné des dédicaces, d’une émotion croissante,  les yeux tournés vers le ciel qui s’est peu à peu teintée d’une lumière chaude, golden hour sur le clocher de l’église de Villes-sur-Auzon, pour un artiste au coeur d’or.

Et tout le monde était ému de Mireille tout au fond, fan de la première heure, Patrick tout devant fidèle copain à Corentin petit bonhomme de 8 ans qui aura décidément passé son week-end avec Jean-Louis Aubert puisqu’il était hier à Marseille. Pour cette famille, venir à Villes-Sur-Auzon c’était comme assister à une sorte de concert privé, loin de la marée humaine habituelle. Le petit Coco aura une date de plus à ajouter au dos de son tee-shirt.

Reste malgré tout le problème, celui qui a motivé ce concert et cette promesse à Max Bontoux de ce concert caritatif : ke nerf de la guerre c’était de faire quelque chose pour le toit de l’église Saint André, édifice atypique avec son fronton républicain au coeur de ce village si attachant. Le coût des travaux pour rouvrir l’édifice ? 1,4 millions d’euros, le concert en aura financée une infime partie du devis, reste à trouver le reste. Jean-Louis Aubert a fait l’effort de donner de son temps pour régaler le public d’un concert caritatif, il a planté les projecteurs sur le villages, des subventions ont été promises mais ce n’est pas encore suffisant pour aller au bout des travaux de restauration.  Bis Monsieur Aubert ? Sure que cela ferait plaisir à plein de monde quitte à faire grimper  un petit peu le prix du billet. Pour la bonne cause !

En tout cas chapeau l’artiste, ceux qui ne l’ont jamais vu en concert, filez vite : c’est beau !